MUSIQUE

Looking for Lucie !

Il y a quelques semaines, nous vous proposions de partir à la rencontre de Janis Joplin, par l’intermédiaire de plusieurs auteurs, et plus particulièrement celui de Lucie Baratte et son super Looking for Janis ! Aujourd’hui, nous avons le plaisir de revenir sur les traces de cet auteur et d’écrire notre propre Looking for Lucie. Rencontre (fort) sympathique !

A 14 ans, vous pensiez être la réincarnation de Janis Joplin, c’est très fort comme sentiment, pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, c’est très fort. Très très fort. Je crois que c’est la seule explication que j’ai trouvé à ce moment-là pour expliquer le violent sentiment de connexion et d’incarnation que j’ai ressenti en écoutant Janis Joplin chanter.

Comment avez vous organisé votre aventure sur les traces de Janis Joplin ? Combien de temps cela a t’il pris ?

J’avais déjà une idée assez précise du trajet que je voulais faire, ça faisait plus de 10 ans que j’en rêvais ! Quand j’étais ado, j’étais tellement obsédée par Janis Joplin que mon cerveau imprimait toutes les informations lui concernant. Quand j’ai décidé d’entreprendre le voyage pour de bon, j’ai repris toutes les biographies que j’avais et j’ai listé les adresses exactes des lieux. Pour la route globale, j’ai arbitré entre passer par Fort Worth ou Tucson. J’ai choisi Tucson car c’est par là que Janis Joplin et Travis Rivers sont passé la 2e fois que Janis Joplin a quitté le Texas, après ce voyage elle n’est plus jamais revenue vivre au Texas. Elle est seulement passée pour des concerts (à Dallas notamment) ou à la réunion des anciens élèves de son lycée à Port Arthur (peu de temps avant sa mort en 1970). Je trouvais que c’était une route plus chargée de symbolique : elle quittait l’adolescence, le giron familial pour la vie qu’elle avait choisi, une vie rebelle, ça demande une bonne dose d’affirmation de soi. Je voulais (re)vivre cette expérience avec elle.

Pour les détails pratiques, j’ai préparé un maximum à l’avance pendant 1 an : logement, location de voiture, etc. J’ai eu de la chance de rencontrer des gens qui avait de la famille aux États-Unis qui acceptaient de me loger, j’ai aussi fait du « couchsurfing ». Pour le reste, il y a eu des changements de planning en cours de route, des aléas, ça fait partie des joies du voyage !

Michael dans la bibliothèque de Port Arthur

Votre livre est inclassable. C’est un carnet de voyage, un reportage photo, un témoignage d’amour à Janis Joplin… Comment le définiriez-vous ?

Je le définis comme un livre hybride à la croisée de toutes les formes que vous venez de citer ! C’est un parti pris fort de ma part, je voulais vraiment créer une autre manière de raconter une histoire en mêlant textes et images, au fil des pensées et avec nuances. C’était important pour moi de créer un objet littéraire qui ouvrent des portes d’entrées différentes afin que chacun puisse y trouver un plaisir. Je dois dire que cette hybridation n’est pas facile à porter pour le livre car les libraires, ou les lecteurs, sont parfois perturbés par le fait qu’il puisse se ranger dans plusieurs rayons à la fois et se demandent avec perplexité quel est ce livre qu’on ne peut classer. Certains le mettent au rayon « voyage », d’autres au rayon « musique », ou encore « beaux-arts » ou « féminisme ». Pour moi, il pourrait même aller au rayon « développement personnel », quand j’ai décidé de publier mon histoire, j’avais envie que ce livre puisse apporter de la lumière à ceux qui marchent sur leur chemin. J’ai fait beaucoup de travail thérapeutique et de développement personnel et il y a quelques années, j’aurais aimé trouver ce genre de livre à côté des essais classiques sur la psychologie ou le sens de la vie.

A mon sens, ce n’est pas un livre comme les autres. Par sa forme et sa construction, il est très agréable à lire, un récit aux expressions très imagées (que j’adore). Est-ce votre marque de fabrique ?

Je ne sais bien, je n’ai pas ce recul sur mon travail. Ce que je sais, c’est que j’ai une envie profonde de créer un lien entre le lecteur et moi, j’ai envie de l’emmener vivre une expérience avec moi à travers la lecture. Quand je crée, que ce soit par l’écriture ou par l’image, je vais chercher un morceau de moi à l’intérieur, je cherche à capter ce “quelque chose” que la réalité me fait ressentir et je l’injecte dans le travail. J’adore les images et les expressions imagées, les métaphores, le cinéma, j’adore imaginer… De ce fait, je crois que je teinte mon travail de cette vision du monde, de cette appétit. C’est naturel. Peut-être qu’à force, j’y verrai une marque de fabrique, pour l’instant je le vois surtout comme une conséquence de mon regard.

Avez-vous gardé des contacts avec certaines rencontres faites pendant votre voyage ? Je pense par exemple à Kathryn et Joe ?

Oui beaucoup ! J’ai gardé des liens très chers avec Kathryn, Joe et Dava. Je suis retournée à Austin deux ans après et j’ai passé une semaine chez Kathryn et Joe avec mon chéri. On est très proches même si on aimerait se voir plus souvent. On se retrouve sur Skype régulièrement. J’ai revu Dava deux fois depuis mon voyage, à Paris ! Elle adore Paris. On communique beaucoup grâce à Facebook, on pense l’une à l’autre et on s’envoie des ondes d’amitié à travers les océans à défaut de pouvoir boire un verre ensemble. J’ai aussi gardé contact avec Michelle et Lawrence à Beaumont, Alexis à San Francisco et un tout petit peu avec la famille de Karim à Los Angeles et Alec l’australien. J’ai envoyé le livre à tous ceux qui m’avaient logée et avec qui j’avais noués des liens. C’était émouvant de recevoir leurs réactions cinq ans après les événements.

Breakfast taco avec Kathryn et Joe

Vous écrivez de très belles et émouvantes lettres d’amour à Janis pendant votre pérégrination. 7 ans après, que lui écririez-vous ?

Je lui écrirais une lettre de remerciements et d’amour éternels : je voudrais encore la remercier pour tout ce que j’ai vécu grâce à elle. Je voudrais la remercier d’être un ange gardien aussi fantastique. Je voudrais lui dire à nouveau qu’elle est toujours dans mon cœur, qu’elle y sera pour toujours. Bizarrement, j’ai l’impression qu’elle le sait déjà…

Quelle(s) sont la ou les personnes que vous avez rencontré et que vous aimeriez revoir ?

J’aimerais revoir mes amis Kathryn et Joe parce qu’ils me manquent ! J’aurais adoré revoir Sam Andrew, le guitariste de Janis Joplin, avec qui j’avais gardé un contact très chaleureux. Malheureusement, il est décédé depuis… J’aimerais aussi recroiser le médecin de Marfa et sa femme française, je suis curieuse de savoir comment se passe leurs vie dans le désert du Sud Texas.

 

 

 

 

Sam Andrew peignant – San Rafael

Dans l’avion qui vous ramène en France à la fin de cette formidable aventure, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Je suis un peu fébrile, j’ai failli rater mon avion ! Acte manqué ou pas, je me suis présenté au mauvais comptoir et le temps était serré, il était moins une avant qu’il ne parte sans moi et que je reste à Los Angeles ! J’étais triste de quitter les États-Unis, j’avais l’impression de quitter Janis et de la laisser derrière moi. J’ai lancé Cry Baby dans mes écouteurs et j’ai regardé Los Angles devenir de plus en plus petite en pleurant en peu et essayant de sentir Janis dans mon cœur.

 

La musique et les références musicales sont omniprésentes tout au long du bouquin, ce qui permet au lecteur de faire des super découvertes. Vous citez souvent la chanteuse Tori Amos, pouvez-vous nous dire pourquoi c’est votre chanteuse préférée juste après Janis ?

Tori Amos, comme Janis Joplin d’ailleurs, dégage une énorme intensité émotionnelle dans ses chansons. Je suis droguée à l’intensité ! Quand j’écoute ses chansons, j’ai l’impression d’être à la maison. Parfois, c’est comme si elle chantait des airs que j’aurais déjà entendus en rêve. Je me sens vraiment connectée à elle spirituellement. J’adore sa manière de composer : je suis capable de reconnaître son style même quand ce n’est pas elle qui interprète (comme par exemple sa comédie musicale) et je suis toujours fan ! Il y a une dimension mystique, magique et très narrative dans son travail qui me donne envie de rester des heures à traîner dedans, à réécouter en boucle, bercée par sa voix et par l’étendue des sons que produit le piano. À mon sens, son répertoire est plus difficile à appréhender pour des français car les textes ont une grande importance. Je n’écoute presque pas de chansons en français et je lis beaucoup en anglais, j’aime beaucoup cette langue. Ses textes constituent donc un plaisir supplémentaire et la poésie très imagée de Tori Amos me sied complètement. Enfin, il y a cette question de l’affirmation de soi, notamment quand on est une femme, qui revient beaucoup dans les thèmes de ses chansons et qui m’inspire incroyablement.

Comment est perçue Janis Joplin en 2018, notamment aux Etats Unis ?

C’est une icône pour beaucoup d’entre eux, elle fait partie de l’Histoire. Ses chansons passent souvent à la radio, il y a une comédie musicale sur sa vie qui se produit un peu partout, ils l’aiment beaucoup ! Pour certains conservateurs que j’ai pu rencontrer, Janis représente la rebellion du mouvement hippie, ils sont encore choqués par son attitude 50 ans plus tard…

Dans votre émission de radio  » Rebelles Rebelles  » (tous les deuxièmes lundis de chaque mois sur radio campus Lille 106.6 FM ) vous faites découvrir et redécouvrir de la « putain » de bonne musique. Pour ceux qui ne connaîtrait pas votre émission, que pourriez-vous leur dire en quelques mots pour les inciter à venir l’écouter ?

Mon existence a changé le jour où j’ai découvert Janis Joplin, elle m’a montré qu’une autre voix était possible, une voix de liberté, une affirmation d’un autre soi. Ça été un choc, et je considère que ça m’a sauvé la vie. J’avais 14 ans et j’étouffais dans le milieu traditionnel bourgeois dont je suis issue. Janis Joplin m’a ouvert des perspectives : il était donc possible d’être autre chose que ce les autres attendaient de moi. Il était possible de vivre « pour de vrai ». Au bout d’un moment, j’ai eu envie de connaître d’autres chanteuses, d’autres musiciennes qui elles aussi avaient exprimé leur voix. Je me suis passionnée pour ces personnages aussi diverses que enthousiasmantes. Quand j’ai publié « Looking for Janis », j’ai réalisé que très peu de gens connaissait ces femmes qui avait secoué le cocotier du rock, qui avait inventé de nouvelles manières d’écrire la pop ou de chanter le folk. J’avais vraiment envie de les faire découvrir, ou redécouvrir et l’idée d’une émission de radio a finit par couler de source. Il y a tant de façons d’être un artiste, tant de langages musicaux oubliés, tant de manière d’être une femme. Ces musiciennes, dans toute leur diversité, sont des sources d’inspiration et de connaissance que j’ai à cœur de partager, de transmettre et de continuer à faire vivre.

 

 

Janis adorait lire, et vous Lucie quelles sont vos lectures favorites ?

J’ai une véritable addiction au conte littéraire précieux et au roman policier à énigmes. J’aime aussi la bande-dessinée et le fantastique. Certains auteurs sont si chers à mon cœur, je les lis et je les relis avec délectation : Jane Austen, Georges Simenon, Anaïs Nin, Mme d’Aulnoy, les Frères Grimm, Angela Carter, William Blake, Ann Brontë, Charlotte Brontë, Mary Webb, Fredric Brown, Wilkie Collins, Philip K. Dick, Hubert Selby Jr, Stephanie Baron, Jean-Paul Sartre, Margaret Atwood, Jean-François Parot, Louis Calaferte, Ellery Queen, J.K. Rowling, J.R.R. Tolkien, pour ne citer qu’eux.

En 2017, il y a eu un projet de biopic sur Janis Joplin qui devait s’appeler  « Untiled Janis Joplin »  et réalisé par Jean Marc Vallée (Dallas Buyers Club). Quand on connaît la complexité de la personnalité de Janis, est-ce réalisable selon vous ? N’est-ce pas une fausse bonne idée ?

Il est vrai que, quand on aime Janis Joplin, ça fait un peu peur… Il est tellement facile de réduire le personnage à une petite fille malheureuse ou à une droguée dévergondée. C’est un écueil que beaucoup ont fait dans le passé. En même temps, Janis Joplin est indéniablement un magnifique personnage tragique et je suis étonnée qu’il n’y ait pas déjà eu des biopics intéressants sur elle. Je trouve ça dommage. Je suis contre la caricature et, en même temps, j’aimerais qu’on se souvienne d’elle, qu’on lui rende hommage comme certains vénèrent Frida Khalo ou Virginia Woolf aujourd’hui grâce à la popularité de films qui leur ont été consacrés.

Le cinéma est avant tout l’ ADN de notre blog, parlez-nous de vos films coups de cœur, des films qui vous ont bouleversé, des musiques de films qui vous donne le frisson, des actrices et acteurs qui vous fascine ou vous ont fasciné ?

Je suis une grande consommatrice de films et la liste risque d’être longue ! Pour l’essentiel, je dois avouer que, chaque année, je revois la trilogie du Parrain et la trilogie du Seigneur des Anneaux (en version longue, si possible sans sous-titres). Je suis accro à ces films, à Al Pacino et à l’univers de Tolkien… J’adore les histoires d’amour et les comédies romantiques, dans ce registre mes films préférés sont « Vous avez un message » et «  La secrétaire ». Il y a aussi « Hairspray » de John Waters que j’affectionne plus que de raison ! Je suis fascinée par les acteurs et les actrices en général. À chaque fois que je regarde un film ou une série, je finis presque toujours pas dire « Je l’connais c’t acteur ! Il est super ! » J’ai eu des phases : Steve Buscemi, Jeff Bridges, Sandra Bullock, Brenda Blethyn, Johnny Deep, Amy Adams… J’étais accro à « Edward aux Mains d’Argent » quand j’étais ado. J’ai aussi eu des « phases réalisateurs » : Woody Allen, John Waters, Jacques Demy, Claude Chabrol… Récemment, c’est le film « La La Land » qui m’a émue aux larmes et touchée au cœur.

 

Au delà de ce road trip passionnant, Lucie nous livre également sa vision de son métier de créatif, de l’auto édition et quelques autres divagations !

 

Vous êtes graphiste, directrice artistique, éditrice, rédactrice, écrivain, animatrice radio, enseignante… En 2018, on définit une personne qui a de multiples casquettes professionnelles comme des “slasher”. Comment vous définiriez vous ?

Je me vois comme une « conteuse » : ce qui m’intéresse vraiment au fond, c’est de raconter des histoires authentiques de manière sensible et de les partager avec les autres, que se soit à travers le dessin d’un logo, la conception d’une œuvre interactive, l’enregistrement d’une émission de radio, la transmission d’un geste ou la création d’un livre…

Il est évident que vos diverses activités professionnelles sont des passions à part entière, quelle part représente chacune d’entre elle dans votre quotidien ?

Il y a un moment pour chaque activité et en même temps, toutes les activités se nourrissent les unes des autres. La part allouée à chacune varient en fonction des périodes de l’année et des diverses échéances. En règle générale, chaque semaine, je passe 3 jours à travailler sur les projets graphiques, 1 journée sur mes projets artistiques (mon prochain livre par exemple) et 1 journée sur l’enseignement. Parfois, ça déborde un peu car il faut compter du temps pour la gestion administrative, la comptabilité, la communication, etc. Je travaille sur mon émission de radio le soir et le week-end, c’est un hobby qui me détend, je mets environ 3 heures à préparer une émission d’une heure.

Vous avez réalisé des projets d’édition hyper diversifiés… entre Looking for Janis, les Instant book, l’histoire familiale de tissage à Asq, le conte revisité… Comment choisissez vous vos projets ?

À chaque projet, c’est le cœur qui parle. Je ne réfléchis pas beaucoup. C’est soit un besoin irrépressible de ma part de faire ce projet à moment-là, parce que j’ai besoin de sortir cette matière créative, soit une envie qui vient d’une opportunité, d’une rencontre ou d’une échéance. Par exemple, pour le livre sur l’histoire de ma famille à Ascq (note : il n’est pas fini, il sortira en 2019), c’est mon grand-père de 90 ans qui est venu me voir pour qu’on le réalise ensemble. J’ai senti que c’était important pour lui de raconter son histoire maintenant et j’ai envie de pouvoir l’aider à la transmettre. D’un autre côté, pour mon prochain livre (qui s’appellera « Le Chien Noir »), le désir vient des tripes. L’écrire et le penser est une presque une forme de thérapie.

Pourquoi avoir eu recours à l’auto édition pour Looking for Janis ? Est ce le parcours du combattant ? Parlez-nous de cette expérience…

Malgré tous les risques que cela comportait pour une éditrice novice, je me suis rendu compte que j’avais besoin d’éditer « Looking for Janis » par moi-même pour plusieurs raisons,:

• J’avais une vision créative pour ce livre et je voulais aller au bout de cette expérience, pour ne rien regretter. Je voulais pouvoir maîtriser chaque aspect de l’ouvrage car ça faisait partie de mon désir de « conteuse » : le choix du papier, la mise en page, le format, la couleur du fil de reliure, tous ces éléments participent à raconter l’histoire.

• Je voulais que le livre conserve son originalité d’hybride. Il ne rentre pas les cases : ce n’est pas (uniquement) un livre photo, ce n’est pas (uniquement) un livre musical, etc. Cette complexité le rend difficilement “marketable” pour un éditeur qui a besoin de resserrer le champ d’exploration. Je voulais que cette histoire puisse exister avec cette complexité qui, au-delà de la communication et du marketing, est une richesse. En créant un livre qui parle de ma passion pour Janis Joplin, je ne me voyais pas le faire à moitié, ne serait-ce que par respect pour ce qu’elle m’a apporté. Tant pis si ça déborde du cadre !

J’ai adoré l’expérience de l’auto-édition car j’ai rencontré des gens merveilleux par ce biais et j’ai beaucoup appris sur l’écriture, l’édition, la diffusion, la communication ! Ce n’est vraiment pas un chemin facile mais je suis tellement contente que cette histoire ait la forme que j’avais imaginée pour elle et que cette forme rencontre son public que toutes les difficultés inhérentes à l’auto-édition deviennent secondaires.
Finalement, je vais même repartir en auto-édition pour mon prochain livre « Le Chien noir » car ça me permet une telle liberté créative que, pour l’instant, je ne me vois pas faire autrement. Si je me lançais dans un projet de livre moins « hybride », comme un essai, ce que j’aimerais beaucoup faire après « Le Chien Noir », alors je travaillerais avec un éditeur car ce serait une démarche plus appropriée à ce projet.

Dans votre quotidien de créative, passez vous plus de temps avec un crayon, ou derrière votre ordinateur ?

Un ordinateur. Énormément. Le crayon n’est jamais loin. Plus j’avance, plus je me rends compte que c’est parce que j’ai beaucoup dessiné que l’ordinateur est devenu un véritable ami professionnel.

Dans le Blog du Strapontin, il y a une forme de “nostalgie” des années 50 – 60 – voir 70… Imaginons que l’on puisse choisir la période dans laquelle nous pourrions vivre, quelle serait la votre ?

Je choisirais de vivre aujourd’hui ! Je rêve absolument de pouvoir emprunter une machine à remonter le temps et à voyager dans l’espace mais je n’ai pas la croyance qu’une période de notre histoire humaine était plus agréable qu’une autre. Je vois du positif et du négatif dans plein de périodes ou de cultures. Quand j’ai fait le tour mentalement de ces lieux et de ces époques, je reviens sur Terre et je me dis que je suis bien là où je suis puisque je peux imaginer tout ça. La seule période qui me manque c’est le futur. Le seul espace qui me manque ce sont les autres planètes que nous n’avons pas encore foulées.

Évidemment, si je parvenais à voyager dans le temps et l’espace, j’irais faire un tour à Sausalito sur la soirée pour dîner avec Janis Joplin au Trident !

Vous êtes une véritable source d’inspiration, notamment par vos activités où vous développez clairement des projets qui vous passionne… Quels conseils donneriez vous aux personnes qui veulent entreprendre des projets qui leur tiennent à coeur, mais qui ont peur de se lancer ?

Je suis très touchée que vous puissiez voir en moi une source d’inspiration. Moi qui me suis tant inspirée des autres, et en particulier de Janis Joplin ! Mon conseil est à la fois simple et difficile : ne jamais se laisser tomber. Ça veut dire : ne jamais s’oublier et oublier ce qui fait vibrer notre cœur. Si votre projet est important pour vous et que vous le sentez à un moment donné au fond de votre cœur, il faut vous y accrocher et y revenir à chaque fois que vous doutez. Je vois ça comme une randonnée en montagne : il faut continuer de marcher, quoiqu’il arrive, tranquillement, même si la nuit tombe, même si le ravin fait peur, même la végétation vous entrave. Il faut marcher, marcher, marcher. Plus on marche et plus c’est facile de marcher mais pour ça il ne faut pas se laisser glisser. Comme dit le proverbe tibétain que j’adore : « Quand tu arrives au sommet de la montagne, continue de grimper.« 

 

Merci à Lucie de s’être prêtée au jeu de l’interview, et c’était un véritable plaisir d’échanger ensemble sur ces sujets passionnants.

© photos Lucie Baratte.

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