HUMOUR

LES NUISIBLES – CHAPITRE 3

Origines suite : nuisances et turpitudes.

Il est pratiquement établi que l’Homme tout court est descendu du singe sans ses bagages. Concernant l’homme dit nuisible sa descendance est beaucoup plus incertaine.

En effet , après plusieurs années de recherche financées notamment par les sieurs Daniels Jacky et Ricardo Paulo, mécènes à l’esprit tourmenté, Marcus Kiabubhouarra (diplômé de la faculté de Saint Nicolas de Bourgueil, docteur en sciences en tous genres, Paladin de l’ordre de la vertu viticole) et son non moins éminent confrère Albert Trouduc (professeur polyvalent et ambivalent les jours de grand vent) émettent dorénavant la thèse d’une descendance se rapprochant d’un crustacé squatter, glandeur pour tout dire malfaisant connu sous le nom de Bernard-l’hermite lui-même lointain cousin de son homonyme Thierry alias  Popeye. 

Au regard de cette théorie, qui pourrait paraître pour le moins fantaisiste, on note tout de même des convergences avec le sale caractère du nuisible contemporain.  Nous l’avons déjà dit dans un chapitre précédent, le nuisible est un profiteur invétéré du bien commun mais sans pour autant verser la moindre obole à la communauté. Parmi tous les méfaits que le nuisible répand par monts et par vaux, les nuisances sonores arrivent en tête de son palmarès. 

Vous l’avez compris le nuisible fait du boucan, il peut hurler, vociférer, brailler à tout va contre tout et n’importe quoi ! La discrétion, la réserve, le tact sont des qualités que le nuisible ignore totalement. Le nuisible peut jouer de la trompette à 3 heures du mat, lorsqu’il revient passablement éméché de sa sortie préférée consistant à se rendre au stade pour encourager son équipe de foot favorite.

Le nuisible devient alors « un supporter » (personnage ventripotent affublé d’un accoutrement grotesque composé d’écharpes, de casquettes et autres chapeaux ridicules aux couleurs criardes et de mauvais goût.) Le supporter crie, éructe et dégoise des chants d’un crétinisme confondant du genre :  » allez les verts, allez les rouges, allez les verts et rouges », et dans les grandes occasions  » allez les bleus « . Jadis, pendant le match, le supporter invitait de façon récurrente le référé à  prendre la direction des latrines. Ce qui donnait en langage du supporter :  » aux chiottes l’arbitre, aux chiottes l’arbitre, aux chiottes « .

De nos jours, le supporter ne s’embarrasse plus à proposer à l’homme au sifflet d’aller se soulager la vessie. Il insiste lourdement pour que le pauvre bipède aille se faire… je vous épargne la suite.

Mais les plus retentissantes nuisances sonores sont certainement dues au NPS (Nuisible Pétoman Sonore)

Il est maintenant annoté, vérifié, confirmé que le NPS expulse ses flatulences de façon volontaire (ou involontaire), produisant les bruits les plus puissants et dégoûtants qu’il m’est été donné d’entendre.

Le son du pet du NPS peut être : pétaradant, crépitant, éclatant, et même tintinnabulant dans certaines circonstances ! On peut alors dire que le NPS pète de joie. 

Cependant la flatuosité du NPS  la plus bruyante fait l’effet assourdissant d’une bombe, ce qui fait dire au commun des mortels présent à moins d’un kilomètre  que le NPS a largué une caisse.

Quand il est dans des dispositions guillerettes, le funeste diffuse une musique qui chie à l’oreille. 

Les nuisances sonores émises par le NPS sont extrêmement désagréables mais le NPM (Nuisible Pétoman Malodorant) peut à son tour désobliger son entourage et les braves citoyens adjacents. 

Autant le NPS effectue ses déprédations au grand jour avec allégresse, autant le NPM se montre discret pour soulager ses ballonnements.

En effet, le NPM produit un où plusieurs gaz d’abord silencieux et sournois puis très vite pestilentiels, infects, écoeurants qui provoquent immédiatement s’il est en famille ce qu’on appelle « une envolée de nuisible ».

Il peut arriver que le vent du NPM s’avère bizarre, presque défectueux, on dit alors qu’il a fait un pet de travers.

Un NPS et NPM quelle différence ? Tous deux pètent à tout va, que ce soit dans leur bain où dans la soie, en famille, en public où même en solitaire.

Moralité, le nuisible nuit, jour et nuit, abondamment, souvent avec fracas, avec audace et désinvolture,  avec parfois une perverse méticulosité mais hélas toujours sans états d’âmes.

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