CINEMA

I love Pedro

Pour être 100% authentique,
il faut être conforme à l’image que l’on a rêvée
de soi-même

C’est peut-être la phrase que je retiendrai de tous les films d’Almodovar que j’ai vus. Pedro est entré dans ma vie en 2006, à la sortie du film Volver. Le film parfait à mon sens pour rencontrer Almodovar, être touché, bousculé et peut-être même “contaminé”.
Le virus Almodovar, je n’en suis pas sortie indemne… et je ne m’en porte que mieux depuis !

Les Femmes

Almodovar pour moi, c’est tout d’abord un hommage aux femmes… Les femmes qui se battent au quotidien pour (sur)vivre dans le monde d’aujourd’hui, sans rentrer dans un féminisme teinté de “bobo-isme”. C’est un hommage aussi aux hommes qui veulent être des femmes, aux femmes de son entourage, aux mères, à sa mère... Almodovar m’a mise face à la réalité du monde : on est toujours seul finalement face à l’adversité. J’ai été hyper sensible à toutes ces femmes qui ont souffert, se sont battues, ont flirté avec le désespoir, toutes à leur manière, dans des registres différents.

Raimunda, Léocadia, Manuella, Pepa (le premier qui pense à Peppa Pig… !!!!!!!), Julieta… Elles ont traversé des épreuves dramatiques : le viol, la perte d’un enfant, la crise conjugale menant à la dépression, la manipulation masculine, la maladie, la mort… et elles s’en sont sorties grâce à d’autres femmes… et surtout grâce à la ressource qu’elles ont trouvé en elles. Pedro Almodovar nous les montre sans filtre, sans “bons sentiments”, AUTHENTIQUES ! Personne ne peut s’y tromper.

L’extravagance

L’image de Penelope Cruz, dans Volver, assise sur la cuvette des toilettes, le string sur les chaussures en train de “faire pipi” (le son inclus !), est tout simplement géniale. Les cris de Cecilia Roth, dans Tout sur ma mère, qui court vers son fils mort, venant de se faire renverser par une voiture, sont retentissants de vérité ! Dans des situations grotesques ou dramatiques, ces femmes sont divines !

Grâce à ses films, j’ai rencontré aussi des personnages extravagants et irrésistibles comme Agrado (Tout sur ma mère), transexuel à l’humour décapant, Paquito (La mauvaise éducation) ami(e) délurée de Zahara qui aime se “poudrer le nez !” ou encore Joserra (Les amants passagers), hôte(sse) de l’air qui nous a régalé avec sa chorégraphie sur “I’m so excited !”. Ces personnages réconfortants donnent une dimension pop et décalée…

Les passerelles

Je te l’ai déjà dit, les films, je les regarde souvent plusieurs fois… pour le plaisir (ou parfois parce que “je n’ai pas tout compris !”). Au fil des visionnages de certains d’entre eux, j’ai cerné pas mal de passerelles, parfois surprenantes… Ces liens entre chaque film ne sont pas nécessairement “détectables” aux premiers abords, et j’aime à penser que ce sont des clins d’œil de la part du réalisateur pour ses fidèles… oui oui, je me considère comme une fidèle d’Almodovar !

Je vais t’en dévoiler quelques-uns… (parce que je t’aime bien !)

En 2004, La mauvaise éducation sort dans les salles obscures. Je ne te raconte pas l’histoire parce qu’on va en avoir pour des plombes, mais en gros : c’est les retrouvailles de deux amis (amants) d’enfance qui ont “beaucoup” changé. L’un est réalisateur, l’autre acteur… la thématique du cinéma est abordée, et… (on y vient à ma passerelle !) dans le bureau du réalisateur, il y a des affiches de films, dont une qui s’appelle “los amantes pasajeros” (les amants passagers)… et en 2013, 9 ans plus tard… sous nos yeux ébahis, Pedro Almodovar sort le film “les amants passagers” ! C’est “ouf” non ? J’imagine que tu es tombé de ta chaise… Je te laisse reprendre tes esprits car la suite est tout aussi dingue.

En 1995, il est question, dans La Fleur de mon secret, d’un scénario volé ! Ce scénario, c’est l’histoire de Volver, film sorti 9 ans après ! Et bien moi, tu vois… ça me fait plaisir ! Ca me réjouit de me dire, l’œuvre de Pedro Almodovar est (à mon sens) déjà construite, tout est déjà planifié… chaque long métrage est la pièce d’un puzzle coloré et underground !

Les muses

À l’instar d’Alfred Hitchcock, Pedro travaille sous l’inspiration de muses… moins blondes, mais avec autant de charme et de talent ! Ses acteurs deviennent des pièces incontournables… Carmen Maura, Marisa Paredes, Penelope Cruz, Javier Camara, Rossy di Palma, Antonio Banderas, Victoria Abril (même si je dois te confier que je ne suis pas sa plus grande fan, quand tu vois qu’elle joue dans des téléfilms genre… Clem … Merci, mais non merci hein ! C’est pas très gentil pour Pédro quand même !), Blanca Suarez dernièrement…

La touche Almodovar

L’extravagance des films d’Almodovar ne s’arrête pas à ses personnages fantasques et hauts en couleur, je ne sais pas si tu as remarqué… mais… y’a quand même beaucoup de couleurs dans les films de P.A. Beaucoup de contrastes, des décors hyper travaillés… L’esthétique des films compte énormément, ça fait partie de ce que j’aime chez mon espagnol préféré. Je te laisse admirer quelques-unes de ces images qui sont bien plus explicites que de longs discours entremêlés d’adjectifs alambiqués et prétentieux !

Ouh le beau diaporama !

Alberto Iglesias,
ou la mise en musique des histoires

Que serait un film… sans sa bande originale ! (mais quelle entrée en matière dis donc… je me suis surpassée !)

Almodovar a trouvé en Alberto Iglesias son parfait traducteur musical, l’émotion et la dimension tragique sont parfaitement retranscrites. Les musiques sont le prolongement idéal des histoires, personnages et couleurs des films ! Je te recommande chaudement la bande originale de Tout sur ma mère, Parle avec elle et La mauvaise éducationune deuxième façon de vivre les films !

Bon beh voilà, écoute… je crois qu’on a fait le tour hein ! Pedro, les femmes, les drames, les trans, le kitsch, les passerelles, les couleurs flashy… on a tout je crois !

J’espère que je t’aurai donné envie de découvrir ou d’approfondir un peu ce que tu connais de P.A

Ah mais non… on a pas fini dis donc ! Hey… Breaking news… (d’au moins une semaine !)… Pedro sera le président du jury du prochain Festival de Cannes en 2017 ! (je t’entends d’ici avec ta remarque désagréable “à défaut d’obtenir la palme, il l’aura au moins entre ses mains au moment de la décerner !”… t’es vraiment pas très gentil ! Mais c’est un peu vrai quand même !)

Je n’ai pas forcément évoqué l’intégralité de l’œuvre d’Almodovar, et il est évident qu’il y a d’autres films extra qui méritent d’être vus (et revus !)… J’ai simplement  partagé avec toi les éléments clés qui ont compté pour moi et qui ont fait que Pedro a changer ma vie !

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