MUSIQUE

Ange, Patti, Michel et tous les autres #6

SANTANA Carlos, musicien guitariste de tout les mondes.

Fin des années 90, salle de Bercy, sorte d’arène qui sert un peu à tout. On pouvait y voir des joueurs de tennis, des matchs de handball, du motocross bien spectaculaire, j’en passe et des plus bizarres. Nous, nous étions là pour écouter le grand Carlos, un des guitaristes légendaires de festival de Woodstock. Nous étions entassés dans la fosse, longtemps assis parterre. Ça sentait le hash à plein nez et cette promiscuité produisait en nous une sorte d’excitation bien agréable en attendant l’entrée de l’artiste. Un concert de SANTANA est assez particulier dans la mesure où celui-ci ne chante pas. Carlos reste souvent dans un coin de la scène et distille ses riffs et ses solos de guitare comme des flèches remplies de lumières envoyées dans la foule. C’était une prestation plutôt pas mal, néanmoins, il manquait quelque chose dans ce spectacle. J’ai trouvé en fait que c’était trop sage, trop propre, ça manquait de spontanéité et même de chaleur malgré la musique rock latino pourtant joliment interprétée. Probablement en raison de la configuration de la salle ou la majorité des spectateurs sont dans les tribunes qui surplombent la fosse et la scène, comme-ci ils étaient là simplement en regardeurs, tout cela fait que le show perdait en connivence avec le public. J’en garde un souvenir un peu mitigé 

SMITH Patty, sur les terres de Rimbaud.

10 novembre 2011, théâtre de Charleville-Mézières, à l’occasion du 120ème anniversaire de la mort d’Arthur Rimbaud, la grande Patty Smith, fanatique du poète carolomacérien est venue donner un magnifique concert. Contemporaine et petite soeur hippie de la mythique Janis Joplin, elle a su nous transcender dans un récital acoustique inoubliable. En tout cas, mes amis et moi nagions dans le bonheur de pouvoir être tout tout près de cette merveilleuse artiste. Le public ne s’y est pas trompé en lui faisant une belle et sincère ovation. Le spectacle était pur et beau comme une ode à l’auteur du dormeur du val.

SOUCHON Alain, si doux, si drôle.

Je ne me souviens plus exactement de la date, probablement fin des années 90, parc des expositions de Charleville, salle toujours aussi peu adaptée au concert, bétonnée, sans âme, poussiéreuse, sans âge, sans histoire. Sauf que ce jour-là, c’était Alain Souchon qui en était la vedette. Chanteur, poète, musicien, et surtout artiste. Inimitable Souchon avec sa voix si douce, si réconfortante. Alain nous gratifia d’un spectacle au cours duquel il interpréta toute en finesse, en drôlerie ses chansons superbes qui traversent le temps sans prendre une ride. Aujourd’hui, cet insouciant à 75 ans parait-il, moi j’ai toujours eu l’impression qu’il en avait 10.

TELEPHONE, irresistibles.

Fin des années 70 au parc de la Patte d’Oie dans cette “ très bourgeoise » ville de Reims, nous sommes venus assister au concert du groupe de rock incontournable de l’époque, le meilleur,  le plus connu, le plus efficace et même temps le plus audacieux , celui que certains n’hésitaient pas à les comparer ni plus ni moins au légendaires Rolling Stones. Évidemment, aucun groupe, surtout Français, ne pouvait ressembler même de loin à la bande à Mike Jagger. Mais Téléphone donnait le change et leur son pouvait par instant nous faire croire à un certain lien de parenté avec leurs idoles Anglais. Ce fut une belle journée, nous étions tous ensemble avec mes chers amis, il y avait le très regretté Michel au rire tonitruant, Jean-Jacques le taciturne, parfois lunaire mais souvent très drôle, Richard, que l’on surnommait Aki, qui était d’un tempérament toujours joyeux et très démonstratif et puis Jean-Louis le frère de Jean-Jacques que tout le monde appelait Jean-Loup. Avec Jean-Loup, nous étions comme un binôme, nous étions très proches et toujours en symbiose,  le même humour, la même façon de voir les choses. Jean-Loup était la générosité même, la gentillesse et malgré son côté grande gueule, c’était un timide. Le concert étant prévu en début de soirée, nous passâmes l’après- midi à traîner dans ce parc au gré des stands issus d’une sorte d’animation politico-culturel. Vers les 19 heures, dans une jolie pagaille impertinente et joyeuse, le concert pouvait enfin commencer. Nous ne fûmes pas déçus par la prestation pleine d’énergie de Téléphone jusqu’à qu’un violent orage ne vienne nous baptiser de ses drôles d’averses. Malgré les bourrasques qui faisaient tourbillonner les feuilles à nos pieds, les gerbes d’eau qui nous éclaboussaient, aucun spectateur ne voulut quitter l’esplanade. Le concert s’interrompit un moment le temps que les machinistes arrivent à bricoler une bâche à la hâte pour protéger quelque peu les musiciens et leur matériel. Il continuait de pleuvoir généreusement et chacun d’entre nous essayait du mieux qu’il pouvait de se protéger dans une espèce de mêlée confuse. Et puis, sous les vivats du public les pieds dans la gadoue, le spectacle reprit et Téléphone se dépensait sans compter pour le plus grand bonheur de l’assistance. Dès la fin du concert, nous sommes répartis tout humides, crottés, fourbus mais tellement heureux.

 

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